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rss  Vol. XX - Nº 353         Montreal, QC, Canadá - domingo, 17 de Novembro de 2019
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Armando Arruda, la saudade des agapes de famille

Jules Nadeau

Par Jules Nadeau

Quand Armando Arruda évoque ses jeunes années à Água de Pau, son souvenir le plus profond, «impérissable» même, ce sont les agapes familiales de fin de journée dans la cuisine. La chaleur humaine d'une famille nombreuse de huit enfants jouissant de l’amour des grands-parents maternels -- privés de leurs propres enfants déjà partis à l'étranger. Par contre, le souvenir le plus pénible dans une terre d»émigration, c'est le fait de voir partir du jour au lendemain ses amis et ses voisins pour les Bermudes, le Canada et les États-Unis. Les rues se vidaient dans les années 60.

Les Açores c»était aussi le travail dans les terres du grand-papa où des vignes étaient cultivées. Ils s'y rendaient à dos d»ânes. Dans la nature, le repas de poisson encore tout chaud préparé et apporté par la grand-maman -- et pour dessert, des oranges ou des melons cueillis à la main. Également, c'était l’endroit où les maisons n'étaient pas fermées à clé et où on allait manger sans invitation chez les voisins. Plus tard, pour le jeune Arruda, ce furent trois bonnes années au séminaire et d’autres au lycée.

Presque un demi-siècle

D'une certaine façon, Armando Arruda est non seulement fidèle à ses concitoyens d»Água de Pau. Il l'est aussi à son employeur. «Je suis arrivé à Montréal le 25 août 1969, et une semaine plus tard, je commençais à travailler comme bus boy au Reine-Elizabeth sur Dorchester. Et 46 ans plus tard, j'y suis toujours», de me lancer en riant l’Açor-Québécois au Bistro Montréalais du vénérable hôtel du boulevard qui commémore maintenant René Lévesque. L'employé modèle y occupe un poste élevé. Pas facile pour le petit gars arrivé au Québec à l»âge de 15 ans.

«Je suis particulièrement fier d'être aux commandes du département du Service de Traiteur du Reine Elizabeth que j'ai créé en 1992 et qui sert maintenant plus de 130 000 repas par année, pour des événements prestigieux comme le Grand Prix du Canada depuis 15 ans. Soit plus de 6 000 repas par jour», précise-t-il à LusoPresse.

Armando Arruda connaît le sens profond du terme émigration, car sa famille au grand complet a changé de racines. Dès 1953, ce fut d'abord un de ses oncles dans le tout premier bateau de pionniers vers Halifax. Pour éviter le service militaire à son frère José qui approchait l»âge de 16 ans, papa Carlos Arruda (cobrador/collecteur de billets pour la compagnie d'autobus Varela) l’a envoyé étudier au Québec. Puis, quatre ans plus tard, les parents et les sept autres enfants tous ont fait leurs valises. En 1969, dans le petit avion de la SATA, il y avait assez de dénommés Arruda pour remplir l'appareil. Dans le premier vol effectué de l’aéroport de Portela, de Ponta Delgada, une heure avant l'inauguration officielle. De leurs proches parents leur avaient pourtant déconseillé de tenter l’aventure en Amérique à cause du défi de faire vivre une famille si nombreuse.

Parmi d'autres bons souvenirs, Armando Arruda parle avec affection d’une personnalité marquante, le Padre João Caetano Flores, un homme aux idées larges. Une fois que l'étudiant de 14 ans avait besoin de la salle paroissiale pour une représentation théâtrale, ce vicaire lui a vite dit «oui» (contrairement au «non» d’un autre prêtre) et toute la population de la place s'est déplacée pour assurer le succès de la fête. Originaire de Ribeira Chã, ce promoteur de l»éducation a insisté pour que les familles rurales fournissent des ingénieurs, des avocats et des médecins à la société. Le père Flores a fait construire à partir de rien l'église super moderne de Ribeira Chã. Pour le financement, il distribuait des petites tirelires en céramique aux familles puis les récupérait avec leurs dons en escudos.

Des gens et des choses

La saudade des gens, mais aussi la nostalgie des choses. L’homme du Reine-Elizabeth n'est retourné que trois fois au bercail. «Moi, je me fais désirer!» me lance-t-il en riant. La dernière fois, en 2014, avec la família de onze personnes en tout, y compris trois enfants, deux gendres et quatre petits-enfants, surtout pour en montrer le plus possible aux plus jeunes. Notamment, il voulait y «manger vraiment portugais».

L’occasion de revoir la maison de son grand-père qui est devenue le restaurant Paraíso do Milénio, voisin de l'église (où j’ai moi-même mangé une délicieuse feijoada). Puis, il a dégusté le nec plus ultra au Bar-Esplanada Caloura, propriété d'un ancien pêcheur, revenu des Bermudes. «Moi, j'adore la pieuvre. Quand j'étais enfant, après l'enlèvement de l'encre par mon père, c'est moi qui la battais avec un bâton de bois sur la planche de la lavandière en ciment pour l'attendrir», de me confier le Pauense.

Pendant notre courte conversation bien arrosée de café, le très jeune sexagénaire cite souvent le nom de son compère Roberto Medeiros. Son compagnon de l»école primaire (qui furent quatre années sympathiques) c'est son encyclopédie pour la res açoriana. «Roberto a vraiment la passion d'Água de Pau. Le super guide touristique. Il voyage régulièrement aux États-Unis et ici pour des échanges culturels. Un spécialiste de la céramique de la Casa Vieira». Armando n’est pas le seul à faire référence à M. Medeiros. La mairesse Sylvie Surprenant aussi nous parle souvent du «pont vivant» entre Sainte-Thérèse et Lagoa.

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Quand Armando Arruda évoque ses jeunes années à Água de Pau, son souvenir le plus profond, «impérissable» même, ce sont les agapes familiales de fin de journée dans la cuisine. La chaleur humaine d'une famille nombreuse de huit enfants jouissant de l’amour des grands-parents maternels -- privés de leurs propres enfants déjà partis à l'étranger. Par contre, le souvenir le plus pénible dans une terre d»émigration, c'est le fait de voir partir du jour au lendemain ses amis et ses voisins pour les Bermudes, le Canada et les États-Unis. Les rues se vidaient dans les années 60.
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