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rss  Vol. XX - Nº 343         Montreal, QC, Canadá - sábado, 22 de Fevereiro de 2020
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  • Ryanair aux Açores:

Faire plus vert et plus culturel pour profiter du boom touristique

Jules Nadeau

Billet de Jules Nadeau

Dans leur magnifique isolement bleu, les Açores demeurent l'archipel où la vie s»égrène pianissimo et pacifiquement. Pour le reporter, difficile d'y trouver un point chaud, sauf quand Dame Nature fait gerber un volcan comme l’effroyable Capelinhos à Faial (1957). Les homicides surviennent surtout dans les romans de Francisco José Viegas, mais l'agresseur finit toujours par couler des jours tranquilles derrière les barreaux.

Exception, l»été dernier, pendant notre séjour à São Miguel, nous sommes arrivés au beau milieu d'une petite révolution au pays des Hortensias. L’afflux soudain des touristes amenés par deux transporteurs européens. Un gros 33% de plus de touristes à l'aéroport Jean Paul II en juin 2015, soit 21 000 de plus qu»à la même période de 2014. Une manne inespérée pour l'économie locale devant lutter contre un chômage chronique de plus de 15%. J’aurais aimé multiplier les entrevues pour mieux analyser ce boom touristique, mais pas facile en seulement deux semaines. Je le fais quand même sous forme de billet -- basé sur mes observations. Nul n'est prophète dans son pays? Le serai-je en territoire lusophone?

Ryanair et easyJet

Acores Ryannar Aviacao.jpg

Le phénomène se vérifie facilement. Un vétéran garçon de table du vénérable hôtel Terra Nostra (déjà huit décennies) nous le confirme sans hésitation pendant que nous dégustons un incontournable cozido de Furnas arrosé d’un Cabernet Sauvignon de Pico. Même son de cloche à Porto Formoso où José Soares (en t-shirt de Che Guevara), le survivant de 42 hivers à Gatineau, y accueille davantage d'étrangers dans son restaurant cuisinant de très honnêtes Hamburgers (et bien d’autres plats au menu). Dans leurs pages, l'Açoriano Oriental, de Paulo Simões et le Diario dos Açores, d’Osvaldo Cabral reviennent régulièrement sur la présence des Allemands, des Néerlandais, des Américains, des Britanniques, des Suisses et des Canadiens (au 6e rang).

Nous les avons aperçus en files indiennes sur les routes panoramiques. Sac au dos et bouteilles de Luso à la main. J'en ai souvent abordés à Lagoa et à Ribeira Grande pour enregistrer leurs commentaires. Sur une terrasse au centre de Ponta Delgada, j’ai bavardé avec un couple autrichien dont le mari géographe disait être au septième ciel: «Nous sommes venus admirer la botanique et les volcans», de me lancer le rondouillet septuagénaire en train de siroter sa Melo Abreu blonde.

Après les intrépides explorateurs des caravelles venus se ravitailler à Madère et aux Açores, ce sont maintenant deux compagnies aériennes qui exploitent ce circuit depuis le 29 mars dernier. D'abord, l’Irlandaise Ryanair, puis sa rivale anglaise easyJet. Le résultat de la libéralisation du ciel de l'archipel. Dans le cas de Ryanair (déjà le quart des passagers acheminés vers São Miguel), il s’agit d'une des compagnies les plus rentables au monde, selon la télévision France 2. «Du jamais vu!» Des destinations rentables dans 30 pays européens avec 1600 vols par jour dans des avions pleins à 91%. Des bénéfices indécents! Le secret de la société valant 19 milliards d’euros en bourse (dix fois plus qu'Air France)? Pas de free lunch! Pas de cadeaux! Les moindres options sont payables en ligne par les 105 millions annuels de voyageurs. Et même par les employés: leurs uniformes et leur formation. Aucun salaire en cas de maladie. Donc, impossible pour les compétiteurs de damer le pion à la compagnie bleue et jaune. La vénérable SATA ni la TAP ne peuvent pas casser le prix des billets aussi radicalement.

La réplique de SATA?

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Sata fête 75 ans en 2016. En aout 2015, Luis Parreirão, alors president du conseil d'administration, en compagnie du commandant Afonso - le premier pilote de l'histoire de SATA! la plaque de l'éphéméride dans l'édifice qu'a servi de premier siege sociale, rue dos Mercadores.
Foto Jules Nadeau - LusoPresse

Chapitre aviation, j’avoue avoir raté mon coup en terme d'interviews. Le 21 août, avec le rédacteur en chef Norberto Aguiar et Anália Narciso, nous sommes allés à une courte cérémonie marquant le 74e anniversaire de compagnie. Le dévoilement par le pdg de l»époque, Luís Parreirão, d'une plaque honorant les fondateurs de 1941. L’atmosphère était festive ce dimanche-là et il était facile de bavarder avec tous les dirigeants. J'aurais voulu interroger Luís Filipe Cabral, le responsable des communications de SATA. Ou encore son collègue de Toronto, le directeur Carlos Botelho. Ce dernier m’a conseillé de m'adresser à M. Cabral pour une entrevue et le souriant communicateur m’a dit être «d'accord». Malheureusement, manque de temps!

Encore aujourd'hui, j’aimerais entendre la réaction de SATA face à cette uberisation étrangère des compagnies low cost. Sa stratégie pour diminuer les dégâts et conserver sa part de marché dans le royaume des cieux? De nouveaux Airbus A330? Dans ce contexte, le slogan actuel «L'Atlantique et vous» me semble bien faible. Il faudrait aussi poser des questions à la TAP.

Meubler les musées

Le grand défi de l'infrastructure d’accueil consiste à divertir et à retenir ces touristes pour quelques nuits de plus. En faire des ambassadeurs. Leur proposer des activités stimulantes sur le plan non seulement sportif mais aussi culturel. Dans mon cas, je pourrais facilement y passer deux mois au lieu de deux semaines, mais les motivations ne sont pas les mêmes pour tous.

Lagoa Museu do Cabouco.JPG
Musée de Cabouco.
Foto Jules Nadeau - LusoPresse

Au profit des tout nouveaux venus, je suggère de meubler, d'enrichir et de bonifier tous les centres d’exposition de la culture locale. J'ai vu et photographié

des embryons de musées qui gagneraient à offrir bien davantage aux curieux promeneurs. Par exemple, le musée de Cabouco témoigne d’une bonne intention de nous renseigner sur la culture paysanne, mais il est difficile d'y passer beaucoup de temps. À Ribeira Chã, la maison natale de Maria dos Anjos Melo, née en 1906, cette courageuse dame partie aux États-Unis et revenue à l»âge de 17 ans pour finir ses jours au bercail est une bonne surprise. Le Centre paroissial de l'endroit est un autre bon embryon d’activité culturelle.

Dans mon article récent sur la Gorreana, la plus vieille plantation de thé en Europe (1883), j'évoquais l’existence d'une exposition sur le thé en 2012 au musée Carlos Machado. On m’a aussi parlé d'un musée éphémère d’un musée du thé (D. Maria Mota) qui n'a malheureusement pas survécu. Le lien avec des Chinois de Macao est exceptionnel. Faudrait ressusciter ce site pour y attirer des touristes asiatiques (et tisser des liens avec les quelques immigrants chinois qui sont tellement férus d’histoire, surtout si ça les touche.) Autant de bons exemples de vitrine susceptibles de témoigner du génie des entrepreneurs micaelense au point de vue botanique, commercial et scientifique.

Pourquoi ne pas en faire autant avec les ananas, le sucre, le tabac, les produits laitiers et l'alcool. La société Mulher Capote avec ses liqueurs de toutes sortes, tangerine, ginra, café, etc. offre déjà des dégustations. Plus les petites assiettes de céramique de Vieira comme souvenirs. Sans oublier la pêche qui représente le secteur économique incontournable. Un féru d’histoire comme l'ami Roberto Medeiros et Pedro Pascoal (bonne recherche sur le thé) seraient certainement partants si on leur en donnait les moyens. (En repensant à la superbe soirée du 12 décembre organisée à Outremont par la communauté sépharade du Québec – avec la présence de Katia Guerreiro – pourquoi ne pas mettre en valeur l’histoire et la contribution de la grande famille Bensaude?)

Un bon projet pour Sainte-Thérèse

J'ai su avant de quitter Montréal que toutes les vilas et les freguesias publient de magnifiques albums illustrés sur leur passé. Exemple, une riche documentation sur Agua da Pau. Faudrait maintenant faire la chasse aux artefacts de toutes sortes. Puis imprimer des dépliants et recruter des guides multilingues pour des visites instructives. Mettre les collectionneurs dans le coup et faire preuve de créativité pour illustrer la culture locale. En matière d»émigration, faudrait sûrement creuser du côté de la Nouvelle-Angleterre et du Canada. En plus des muséologues (spécialité québécoise), où sont les documentaristes portugais? Dans le cadre du jumelage Lagoa-Ste-Thérèse, voilà un bon défi pour nos dirigeantes Cristina Mota et Sylvie Surprenant.

Ce qui précède suppose de l'expertise et des budgets. Ma seconde recommandation se situe à un autre niveau. Faire des Açoriens des champions de l’environnement et en faire la Région modèle. Bannir complètement les sacs de plastique, recycler de façon massive et composter le surplus des assiettes (toujours débordantes). De quoi épater les étrangers et susciter leur admiration!

Touristes et enfants surtout

Près de 63% des Micaelenses procèdent à la séparation de leurs déchets à la maison, selon une enquête réalisée auprès de 13 920 personnes. À ce sujet, j'ai été content d’entendre la cousine Carmen me confier que, chez les Narciso, le recyclage est une pratique obligatoire. J'y ai d’ailleurs aperçu de gros sacs transparents stockés dans leur garage à Rosário. La jeune cadre de la remarquable compagnie de pêches Lurdes Narciso se soucie de la prochaine génération: «Si on ne respecte pas la mer, jusqu'à quand allons-nous pêcher du bon poisson?», m'affirma-t-elle dans un excellent anglais en jetant un regard affectueux vers son jeune fils Tomas. La plus vaste zone maritime d’Europe s'étendant sur 994 000 km2. (Il y a pourtant lieu de s’inquiéter. Mauvaise révélation, avec une photo d'une plage polluée de Faial, l’Açoriano Oriental titrait dans son édition du 31 juillet dernier: «Intensa agregação de plásticos dá à costa na Região».)

Enfin, dans l'ensemble, tel que mentionné plus tôt, l’hospitalité va de soi. Du moins, à São Miguel, tout est propre, les grandes routes sont impressionnantes, les gens sont chaleureux et la gastronomie ne laisse personne indifférent avec ses produits frais. Vive le polvo, l'atum, le pampo et le boca negra! Sur ce dernier point, malgré certaines divergences, je suis positif. J’aurais aimé conclure avec une appréciation sur la qualité du Royal Garden ou du Marina Atlântico, mais à chacune de mes incursions, j'ai plutôt eu l’honneur d'habiter chez l’habitant (dans le sens noble du terme). Et pourquoi ne pas offrir des nuitées dans un gîte champêtre?

Ailleurs, comme à Terceira, les autres insulaires rouspètent parce qu'ils veulent aussi profiter de l’euro-manne touristique. Moi aussi, j'en profite pour exprimer ma frustration. Un de ces jours, j’aimerais bien aller explorer les huit autres îles. Avec SATA International. Parce que lorsqu'il y a un retard avec ce transporteur, comme à notre vol S4 327, et qu’on nous offre le repas de gracieuseté à Jean-Paul II, le rouge et le blanc locaux coulent à flot. Et pas du vin de messe low cost. Je n'exagère pas. J’ai moult témoins. Histoire de faire monter les retardataires au 7e ciel et d'étirer notre séjour dans la Région du bonheur. «Le paradis et vous.»

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Destaque
Dans leur magnifique isolement bleu, les Açores demeurent l'archipel où la vie s»égrène pianissimo et pacifiquement. Pour le reporter, difficile d'y trouver un point chaud, sauf quand Dame Nature fait gerber un volcan comme l’effroyable Capelinhos à Faial (1957). Les homicides surviennent surtout dans les romans de Francisco José Viegas, mais l'agresseur finit toujours par couler des jours tranquilles derrière les barreaux.
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